Monsieur le Président, chers collègues,

Nous voterons ce rapport, qui concerne des acteurs essentiels des politiques de solidarité et qui sont au cœur de l’action départementale. Nous regrettons d’ailleurs qu’un sujet aussi important ne soit pas présenté en séance publique.

Ce document révèle des réalités sociales préoccupantes dans le contexte économique actuel, avec une hausse des publics touchés par la précarité, par la fragilisation des parcours professionnels et par l’exclusion, entraînant un recours croissant aux acteurs associatifs.

Le rapport 2026 met en avant la volonté de maintenir une enveloppe « équivalente » à celle de l’année précédente malgré les contraintes financières.

Pourtant, nous constatons bien une baisse globale des crédits consacrés aux solidarités par rapport à l’an passé, certes limitée – de l’ordre de 60 000 euros – mais bien réelle, surtout lorsqu’on la met en regard de l’augmentation des besoins sociaux.

Notre collectivité reconnaît ces besoins, mais elle peine encore à y répondre, alors même, comme le soulignait notre collègue Patrick Jarry lors des débats budgétaires, que notre Département n’est pas celui qui connaît la situation financière la plus dégradée et qu’il dispose encore de marges de manœuvre pour faire davantage en faveur des publics les plus fragiles.

Certaines grandes associations de solidarité alertent aujourd’hui sur leurs difficultés croissantes.

C’est notamment le cas du Secours populaire, qui a connu un déficit de près de 100 000 euros en 2025 et qui exprime de fortes inquiétudes pour 2026. L’association a déjà dû réduire certaines de ses activités. Pourtant, la subvention proposée ici s’élève à 99 200 euros alors que les besoins exprimés étaient de l’ordre de 120 000 euros.

Le soutien à la parentalité connaît également une diminution significative, passant de 632 800 euros en 2025 à 557 250 euros en 2026. Pourtant, les besoins existent bel et bien sur nos territoires.

Je pense notamment à la Maison des femmes de Nanterre, qui mène un important travail d’accompagnement et de soutien, mais dont les demandes d’aide auprès du Département sont restées sans réponse.

Je pense également à la Maison des familles de Gennevilliers, qui conduit des actions reconnues en direction des parents et des enfants : cafés des parents, ateliers, sorties, permanences psychologiques et actions de prévention. À la suite de notre intervention en 2024 sur ce sujet, un courrier a été adressé au Président du Département afin qu’une aide similaire à celle accordée à la Maison des familles de Suresnes puisse être étudiée.

À ce jour, aucune réponse n’a été apportée.

Or ces structures jouent un rôle essentiel de prévention, de soutien aux familles et de cohésion sociale. Nous souhaiterions donc savoir quels sont aujourd’hui les critères précis permettant ou non l’attribution de ces financements et si le Département entend accompagner davantage ces initiatives de proximité.

De même, les financements consacrés aux associations intervenant auprès des allocataires du RSA passent de 816 740 euros en 2025 à 720 240 euros en 2026, ce qui nous interroge évidemment dans la perspective de la mise en œuvre de la réforme de l’accompagnement des allocataires du RSA.

Je voudrais également mentionner la Fédération des centres sociaux, qui œuvre en coopération avec les services du Pôle Solidarités sur l’accès aux droits, l’accompagnement social, le soutien à la parentalité ou encore l’insertion sociale et professionnelle, avec plus de 100 salariés et près de 100 000 usagers dans 22 villes. Son financement reste pourtant limité à 20 000 euros, c’est-à-dire très en-deçà des besoins réels de cet organisme.

Je vous avais d’ailleurs écrit à ce sujet il y a deux ans, Monsieur le Président, sans obtenir de réponse.

Par ailleurs, sur le budget consacré aux associations intervenant auprès des femmes victimes de violences, nous constatons, sur les deux dernières années, une baisse globale d’environ 70 000 euros, alors même que les demandes d’accompagnement et de protection continuent d’augmenter et que cette question fait désormais l’objet d’un consensus parmi les pouvoirs publics.

Je souhaite également, comme l’a évoqué ma collègue Laureen Genthon, rappeler les besoins concernant le soutien psychologique aux enfants exposés aux violences conjugales. Ces enfants sont trop souvent les victimes collatérales de ces violences, alors qu’aucun dispositif spécifique de suivi psychologique n’est aujourd’hui réellement structuré à l’échelle départementale.

Nous saluons néanmoins la hausse des crédits dédiés à la protection de l’enfance, même si elle traduit avant tout une hausse des besoins et des situations de fragilité.

Les nouvelles actions annoncées dans ce domaine soulèvent plusieurs interrogations, notamment concernant les dispositifs de mentorat. Nous souhaiterions par exemple connaître les modalités de sélection des jeunes concernés et les critères d’évaluation de ces dispositifs.

Enfin, nous souhaitons revenir sur la question de la prostitution des mineurs.

Nous avions déjà évoqué ce sujet il y a plusieurs mois à travers une question de notre collègue Denis Datcharry, et nous constatons aujourd’hui que cette problématique est désormais explicitement reconnue dans les actions financées par le Département, ce qui constitue évidemment une avancée importante.

Pour autant, nous manquons encore, en tant qu’élus, d’éléments objectivés permettant d’appréhender l’ampleur réelle du phénomène dans notre département.

Nous souhaiterions notamment savoir si des situations ont été identifiées au sein de dispositifs d’hébergement relevant de l’ASE, si des lieux ou situations à risque ont été repérés, et quels dispositifs de prévention et de contrôle sont aujourd’hui mis en œuvre.

Nous souhaiterions également savoir si les professionnels de l’ASE bénéficient de formations spécifiques sur les phénomènes d’exploitation sexuelle des mineurs et quelle coordination existe aujourd’hui entre le Département, les associations spécialisées, la justice et les services de police.

Il nous semble important que la représentation départementale puisse disposer d’un état des lieux clair sur une question aussi grave.

Je vous remercie.