Monsieur le Président, chers collègues,
Notre groupe soutient bien sûr les actions destinées à prévenir la perte d’autonomie et l’accompagnement des proches aidants, et nous voterons donc pour cette délibération.
La situation des personnes aidantes, qui jouent souvent un rôle vital pour leurs proches, est aujourd’hui de plus en plus mise en lumière.
C’est une bonne chose et il est essentiel que des collectivités comme la nôtre s’en saisissent davantage.
Néanmoins, la globalité des actions les concernant reste pour l’instant modeste.
On a en effet le sentiment d’être face à une multiplication de dispositifs d’ampleur limitée, et sans s’appuyer sur une vision globale des besoins liés au vieillissement, qui n’apparaît pas dans ce rapport.
Ainsi ce rapport évoque peu d’actions concernant la lutte contre l’isolement, la pauvreté des personnes âgées, le vieillissement, et il éclaire peu en définitive sur les nombreuses questions que posent ces situations :
Nous nous interrogeons donc sur plusieurs points, et notamment :
Peut-on évaluer aujourd’hui le nombre d’aidants en situation d’épuisement ?
Quel est le nombre de bénéficiaires réels sur les actions financées ?
Est-on assuré que les publics les plus modestes accèdent bien à ces dispositifs ?
Même question concernant les personnes âgées les plus isolées…
Qu’en est-il aussi de la lutte contre la fracture numérique des personnes âgées, qui reste une question majeure ? Beaucoup de dispositifs reposent sur des outils numériques, mais cela laisse de fait beaucoup de gens de côté.
Il serait utile que nous disposions d’une véritable cartographie des besoins sociaux sur le territoire, pour mieux définir le ciblage et l’efficacité de nos dispositifs d’aide.
Les analyses des besoins sociaux réalisées par les communes et les CCAS pourraient d’ailleurs utilement servir d’appui à cette réflexion. Elles permettent d’avoir une vision très concrète et objectivée des réalités sociales selon les territoires, et donc d’évaluer les besoins au plus près du terrain.
D’autre part, il nous semble que nous sommes aujourd’hui beaucoup plus sur une logique d’externalisation des aides, via les financements de prestataires, de coachs, etc., que sur un vrai service public de l’autonomie.
Pour conclure, nous pensons que la question du vieillissement mériterait une approche plus globale, moins fragmentée, et de long terme, alors même que nous sommes aujourd’hui dans un département vieillissant, pour mieux anticiper et être davantage à la hauteur des besoins à venir.
Je vous remercie.
