Monsieur le Président,
Depuis plusieurs semaines, un mouvement lycéen d’ampleur exprime la colère d’une jeunesse qui refuse de voir son avenir compromis par la dégradation de ses conditions d’études.
Manque d’enseignants, classes surchargées, locaux dégradés, inégalités scolaires, sélection à l’entrée dans l’enseignement supérieur, remise en cause de parcours sup’ : derrière ces revendications, c’est le droit de toutes et tous à une éducation de qualité et à un avenir choisi qui est posé.
Depuis 2017, il faut le rappeler, ce sont environ 10 000 postes d’enseignants dans les collèges et lycées publics qui ont été supprimés.
Cette mobilisation nationale trouve également un écho en Ile-de-France où, aux suppressions de postes, s’ajoute un budget du Conseil régional pour le matériel et l’entretien des lycées en deçà des besoins, avec une dotation de 2181 euros par lycéen, alors que la moyenne nationale est de 2 930 euros par élève.
Les jeunes mobilisés pointent aussi le manque de places dans les lycées, qui sont saturés dans plusieurs secteurs. Les revendications rappellent l’urgence de garantir des locaux adaptés et des conditions d’études dignes. Elles viennent renforcer également la nécessité par exemple d’ouvrir un lycée général public à Bagneux.
Au lieu de créer les conditions d’un dialogue respectueux et d’apporter des réponses à leurs inquiétudes, le gouvernement oppose la répression à la jeunesse mobilisée.
Interpellations de mineurs, gardes à vue, violences policières : ces pratiques sont inacceptables. Les jeunes ont le droit d’exprimer leurs revendications et de manifester. On ne répond pas à la colère de la jeunesse par la peur, l’intimidation et une violence policière disproportionnée.
Nous ne pouvons pas accepter que des jeunes qui réclament de meilleures conditions d’études et des perspectives d’avenir soient traités comme une menace. Leur parole doit être entendue, prise au sérieux et leurs droits respectés.
Si les lycées relèvent de la compétence régionale, le Conseil départemental ne peut rester indifférent à la situation des jeunes altoséquanais qui se mobilisent dans de nombreux établissements scolaires de nos villes. Il doit faire entendre leur voix.
Aussi, Monsieur le Président, quelles initiatives le Conseil départemental entend-il prendre pour soutenir les lycéens mobilisés, faire respecter le droit de manifester, défendre leur droit à étudier dans de bonnes conditions, et faire entendre leurs revendications auprès des autorités compétentes?
