Regardez l’intervention de Hélène Cillières en vidéo ici :

Monsieur le Président,

Plusieurs associations et syndicats, par la voix du collectif RESF MIE 92, nous font part d’une proportion inquiétante dans notre département de jeunes majeurs pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance, qui sont ou risquent actuellement de se retrouver à la rue, alors même qu’ils ou elles sont en formation, et ne sont pas encore parvenus à une véritable autonomie.

Notre groupe prend cette alerte au sérieux, et c’est pourquoi nous souhaitons la relayer au sein de notre assemblée.

Face à cette situation, le collectif et les associations questionnent tant l’action de l’Etat que celle du Département.

Elles demandent une réelle coordination entre ces actions, et que soient mises en place des mesures conjointes pour éviter les « sorties sèches » de l’ASE de ces jeunes.

Il est notamment indispensable pour cela que les jeunes majeurs accèdent automatiquement au Fonds d’Insertion des jeunes du Département à la fin de leur contrat « Jeune majeur », lorsqu’ils atteignent leur 21eme anniversaire.

Les associations font état d’un grand nombre de jeunes qui aujourd’hui n’accèdent pas aux dispositifs mis en place par le Département pour éviter ces « sorties sèches ».

L’obligation du Département de poursuivre les prises en charge au-delà de 18 ans et jusqu’à 21 ans apparaît ainsi difficilement appliquée.

Du côté de la préfecture, du fait de règlementations de plus en plus dures, la part des refus de séjour et des OQTF est passée, depuis 3 ans, de 5% à 25% des demandes des jeunes de l’ASE dans notre département.

Les délais s’allongent continuellement pour obtenir en préfecture les rendez-vous pour le renouvellement des récépissés et les convocations suite aux demandes d’admission exceptionnelle au séjour.

Ainsi, des jeunes de l’ASE lycéens, apprentis ou salariés qui sont depuis plus d’un an avec un récépissé renouvelé tous les 3 mois, attendent indéfiniment un rendez-vous pour déposer leur dossier en préfecture, puis se retrouvent à la rue le jour de leurs 21 ans, parfois avant, faute d’avoir pu présenter un titre de séjour pour accéder à un logement autonome.

Face à cette situation inacceptable, qu’entendez-vous mettre en œuvre, Monsieur le Président, pour que soit mis en place un plan d’action coordonné entre notre Département et la préfecture des Hauts-de-Seine, pour permettre à tous ces jeunes de mener à bien leurs projets scolaires et professionnels, de travailler, se loger, s’intégrer et vivre dignement sur notre territoire ?