Interpellée lors du conseil départemental des Hauts-de-Seine par l’opposition de gauche sur les graves difficultés rencontrées par la maison départementale des personnes handicapées, la majorité assure avoir déjà enclenché un ensemble d’actions pour faire fondre le stock de dossiers.

Par David Livois

Le 22 février 2025

Le cas de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) des Hauts-de-Seine prend une coloration politique. À l’occasion des 20 ans de l’adoption de la loi Handicap du 11 février 2005, un plan d’urgence en faveur de cette structure en proie à de graves difficultés a été réclamé par l’opposition de gauche lors de la dernière séance plénière du conseil départemental.

« Il faut un vrai plan d’urgence pour améliorer rapidement les délais de traitement des dossiers et donner les moyens aux agents de travailler dans des conditions normales, insistent les élus du groupe Gauche citoyenne, communiste et républicaine. Il est essentiel qu’une présence physique accrue de ce service public soit développée sur l’ensemble du territoire des Hauts-de-Seine. Les dispositifs d’accueil numérique actuellement développés ne peuvent pas s’y substituer. »

Une prise de position qui fait écho au coup de gueule de l’association Citoyen Handicap, relais de la voix de familles d’usagers, qui classe la structure parmi les « pires MDPH de France » en raison des interminables temps de traitement des dossiers. « Des délais d’attente extrêmement longs, regrette la conseillère départementale Laureen Genthon. Douze mois, et parfois bien davantage, alors que le délai maximum légal est fixé à quatre mois. Il n’est pas acceptable de mettre ainsi les usagers en difficulté ! »

Des médecins insensibles à l’incitation financière

Ce plan d’urgence, que l’opposition réclame depuis maintenant plus d’un an, la majorité — qui précise au passage consacrer, en 2025, près de 228 millions d’euros à la question du handicap, soit 12 millions d’euros de plus qu’en 2024 — explique, de son côté, l’avoir déjà engagé. Notamment en menant des « opérations ciblées » afin de faire fondre le stock de dossiers en attente de traitement.

Des semaines intensives, sans consultation ni visite à domicile, et pendant lesquelles, les équipes de la MDPH se concentrent sur la seule résorption des retards. Plus de 6 200 dossiers ont ainsi été évalués, après trois « opérations coup de poing » menées en avril 2024 et janvier 2025.

À cet effort s’ajoutent quelques recrues. À commencer par l’arrivée, au 1er mars, d’une chargée de projet, qui se penchera sur « une modernisation des process de la MDPH », puis, en mai, d’un médecin à temps plein. Ce dernier renfort se révèle toutefois insuffisant puisqu’il porte le nombre de médecins à 9,65 équivalents temps plein (EPT), alors que le bon fonctionnement de la structure nécessiterait 15 EPT.

Confrontée à une démographie médicale défavorable, la majorité assure pourtant avoir tout tenté pour attirer des médecins, y compris l’incitation financière. « Nous sommes, sur la grille, au maximum de ce que permet la loi », défend Véronique Bergerol, conseillère départementale déléguée aux personnes handicapées. Mais de toute évidence, mêmes les 517 euros de revalorisation ne suffisent pas à convaincre les jeunes médecins d’opter pour la MDPH.

Des locaux provisoires en attendant un déménagement définitif

Enfin, sur le pan matériel, le département promet une amélioration des conditions de travail des agents. Ces derniers vont très bientôt quitter leurs locaux de la rue Rigault, à Nanterre, devenus vétustes, inadaptés et rongés par l’humidité, pour s’installer à l’Extension, un bâtiment proche de l’hémicycle qui doit faire l’objet d’importants travaux de rénovation.

Pendant ces travaux, dont la durée est estimée à quatre ou cinq ans, les agents de la MDPH vont provisoirement prendre leur quartier dans une partie du pôle universitaire Leonard-de-Vinci. Le déménagement devrait être précédé, d’une part, de plusieurs visites de sites avec des délégations d’agents, et, d’autre part, d’une « phase de concertation » promise par le président (LR) du conseil départemental, Georges Siffredi.