Monsieur le Président, chers collègues,
En 2023 nous nous félicitions du lancement de la première stratégie du Département pour l’Egalité femmes-hommes ; un enjeu porté de longue date par notre groupe, aux côtés des luttes féministes et des associations, et une petite victoire sans doute, pour toutes celles qui se battent au quotidien, pour que cette cause soit enfin traitée comme il se doit par les pouvoirs publics.
Cette initiative témoigne du progrès de la lutte pour les droits des femmes, que la journée du 8 mars permet de mettre en exergue, alors que pendant trop longtemps, nos institutions, locales ou nationales, ont préféré regarder ailleurs…
Cette lutte, pour autant, demande toujours persévérance, méthode et résolution.
Nous souscrivons aux priorités énoncées dans les grands axes de la stratégie départementale, à savoir : l’égalité professionnelle, la réussite et l’autonomie des femmes, l’égalité dans le sport et la culture, la sensibilisation des jeunes à l’égalité, et bien sûr la lutte contre toutes les violences et les discriminations ; avec des attentes particulières sur ce dernier point.
Sur le premier axe, des progrès ont réalisés par notre collectivité, et c’est une bonne chose. En matière de pratiques sportives et culturelles, là aussi les mentalités changent, même si nous sommes encore loin de l’égalité réelle.
Mais c’est probablement en matière de lutte contre les violences qu’un immense travail collectif reste à faire.
Je voudrais à cette occasion rappeler qu’à la date de ce 17 février, on dénombrait déjà 11 féminicides en France depuis le début de l’année, dont 1 dans notre département.
Je le redis encore, pour que chacun s’en souvienne : toutes les sept heures en France, une femme est victime d’un féminicide ou d’une tentative de féminicide. Avec, derrière ces chiffres insoutenables, des vies brisées, des enfants orphelins, et des familles détruites !
Ces féminicides ne sont pas une fatalité, et ils peuvent être évités. Il nous faut pour cela des politiques publiques plus ambitieuses et cohérentes, avec des moyens à la hauteur des besoins.
On le sait pertinemment : la mise en sécurité des femmes et de leurs enfants passe souvent par un relogement rapide. Et le manque actuel d’hébergements adaptés reste aujourd’hui une véritable mise en danger.
Alors qu’une femme victime de violences sur six a besoin d’un accès au parc social, quatre sur dix n’obtiennent aucune solution. Les associations alertent constamment sur ce manque de places, le 115 est saturé. Et trop souvent, faute d’alternative, des femmes retournent au domicile du conjoint violent.
Dans les Hauts-de-Seine, nous avons absolument besoin d’une action mieux concertée entre le Département, les 36 communes et les bailleurs sociaux, notamment Hauts-de-Seine Habitat, non seulement pour augmenter le nombre de places, mais aussi pour mieux les répartir. Puisqu’aujourd’hui, 14 villes du département ne disposent d’aucune structure d’accueil !
Nous restons demandeurs d’un diagnostic approfondi sur cette question, afin qu’un réel effort, équitable et partagé, soit réalisé, et de répondre concrètement à la demande qui ne cesse de croître, et de s’aggraver avec la crise du logement.
J’ajouterai à cela une autre problématique, la prise en charge des enfants.
On le sait, les violences faites aux femmes ne s’arrêtent pas à celles qui les subissent directement, et marquent aussi profondément les enfants, qui en sont témoins, et parfois victimes eux-mêmes. Ce qui les mène à grandir dans l’insécurité, la peur et l’instabilité. Leur construction émotionnelle, leur rapport aux autres en sont durablement affectés.
Aussi, le développement de prises en charge psychologiques spécifiques doit être une priorité pour leur reconstruction, pour prévenir des traumatismes durables, et rompre le cycle des violences.
Là aussi, notre collectivité à un rôle majeur à jouer !
Je terminerai en rappelant que toutes ces actions ne peuvent se mettre en œuvre sans les partenaires vitaux que sont les associations, qui ont aujourd’hui besoin d’un plus grand soutien public pour accomplir leurs missions.
Je l’ai déjà évoqué, des associations majeures en ce domaine, comme le planning familial et les CIDFF sont en grandes difficultés financière. Alors qu’elles sont proprement lâchées par l’Etat, notre collectivité ne se montre pas à la hauteur pour leur permettre de poursuivre efficacement leur action.
Nous pesons qu’un soutien accru à ces acteurs doit faire pleinement partie de la stratégie d’Egalité femmes-hommes du Département.
Je vous remercie.
