Monsieur le Président, chers collègues,

Nous avons longuement débattu, depuis le début de ce mandat, des concessions de restauration scolaire de nos collèges, et tout particulièrement de la qualité des prestations des sociétés concessionnaires, qui n’a pas été à la hauteur des attentes, c’est le moins qu’on puisse dire.

Les nouveaux contrats présentés dans ce rapport semblent, en partie au moins, prendre en compte ces débats :

Vous nous dites ainsi vouloir « favoriser une meilleure maîtrise des prestations », « répondre aux attentes des convives », « renforcer la qualité gustative et la production sur place plébiscitée par les usagers ».

De même, la prestation de nettoyage des collèges, sur laquelle nous étions aussi critiques, n’a pas produit les effets attendus, et se voit finalement exclue du périmètre des nouveaux contrats.

Nous sommes, comme vous le savez, particulièrement attachés à ces enjeux. Nous approuvons donc ces réorientations, même si sur le fond, l’essentiel du problème n’est pas résolu…

Certes, l’un des concessionnaires précédents, dont les prestations suscitaient un fort mécontentement, disparait donc, et les usagers ne s’en plaindront probablement pas…

C’est finalement Sodexo qui sort gagnant de cette nouvelle procédure d’appel d’offre, et se voit attribuer l’ensemble des trois lots de restauration !

Doit-on s’en satisfaire pour autant ? Ce n’est pas sûr, car nous gardons en mémoire les nombreuses difficultés rencontrées ces dernières années avec ce prestataire.

D’ailleurs, en regardant l’analyse des offres en matière de mise en œuvre des moyens humains, qui était un des gros problèmes de Sodexo dans le contrat précédent, la proposition de cette société n’est pas mieux notée que celle de ses concurrentes…

De même, un certain nombre de collèges dont les cantines sont gérées par Sodexo, nous faisaient part encore récemment de réels problèmes sur les repas servis, tant en termes de qualité que de quantités dans les assiettes.

Quoi qu’il en soit, nous verrons dans la pratique si la qualité des prestations progresse réellement. Nous ne pouvons que le souhaiter pour nos collégiennes et nos collégiens.

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En vue d’améliorer ce service, le retour à la cuisine sur place, dans tous les établissements où cela est possible, reste bien sûr un point essentiel.

Nous l’avons dit, la préparation de produits frais sur place doit jouer comme un levier pour augmenter la qualité des repas, et pour inciter les collégiennes et les collégiens à fréquenter davantage les cantines scolaires.

C’est autant un enjeu de santé que de pédagogie alimentaire, en particulier pour les jeunes de milieux défavorisés.

C’est pourquoi nous avions souligné l’importance de prioriser davantage les établissements aux indices de position sociale les plus bas dans la mise en œuvre de ces cuisines sur place, ce qui n’est pas le cas pour l’instant.

Pour mémoire, sur les 30 établissements concernés par les installations de cuisines sur place réalisées ou programmées depuis 2020 :

  • Seuls 4 de ces établissements ont un IPS inférieur à 100,
  • Et 20 établissements, soit les deux tiers, ont un IPS supérieur à 120 (dont 13 sont même supérieurs à 130).

Pour les prochains collèges concernés par ces installations à compter de cette année, il nous semble donc nécessaire de revoir l’ordre des priorités de mise en chantier, en tenant davantage compte du critère des IPS.

Pour conclure, si nous approuvons un certain nombre d’avancées dans la restauration des collèges, notamment les cuisines sur place, nous restons, sur le fond, opposés aux contrats de concessions.

Vous comprendrez donc que notre groupe vote défavorablement cette délibération.

Je vous remercie.