L’Association des Départements de France a récemment publié un communiqué faisant suite à un reportage télévisé sur des cas de prostitution de jeunes mineures prises en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) de plusieurs départements.
Les faits dramatiques mentionnés donnent à voir un système censé protéger les plus vulnérables et qui, dans certains cas, n’a pas pu empêcher leur exploitation.
Les jeunes confiés à l’ASE sont des enfants pour lesquels la puissance publique se substitue à l’autorité parentale. De fait, chaque défaillance, chaque manque de moyens ou de coordination les expose à des risques majeurs, que certains réseaux criminels savent exploiter avec une redoutable efficacité.
En tant qu’élus départementaux, cette grave question ne peut nous laisser indifférents. Chaque élu de notre assemblée en convient : protéger ces enfants est une obligation morale, juridique et républicaine.
Comme le souligne Départements de France, nous sommes là face à un problème de société qui dépasse le cadre de la protection de l’enfance.
Il ne s’agit donc pas de pointer ici la responsabilité de tel ou tel exécutif départemental, quelle que soit sa couleur politique, ni de jeter l’opprobre sur les acteurs de la protection de l’enfance, mais plutôt de souligner la nécessité d’une réflexion collective pour mieux répondre à ce problème.
Les Départements insistent sur la nécessité d’actions coordonnées avec l’Etat, afin que chaque acteur – justice, police, Éducation nationale, associations de terrain – assume pleinement sa part de responsabilité, dans l’objectif de renforcer et d’améliorer la prévention, et d’œuvrer à une meilleure coordination des services sociaux.
De façon complémentaire, Monsieur le Président, quelles actions notre collectivité peut-elle envisager publiquement pour étudier la réalité de ce problème dans les Hauts-de-Seine ? Ceci en interrogeant notamment les moyens actuels de l’ASE, tant en termes de budgets de ses établissements, d’effectifs d’agents, que de fonctionnement des structures d’accueil des jeunes, et de coordination avec ses partenaires institutionnels.
Dans cette même perspective, nous renouvelons notre souhait de connaitre le nombre et l’implantation géographique des structures hôtelières hébergeant aujourd’hui des jeunes de l’ASE départementale, et de pouvoir en effectuer la visite.
