Monsieur le Président, chers collègues,
J’interviendrai ici conjointement sur le rapport concernant la décision modificative budgétaire des établissements de l’ASE, et sur les tableaux d’effectifs de ces mêmes établissements.
C’est ainsi l’occasion de faire un point sur certaines problématiques concernant le fonctionnement de ces établissements.
Pour ce qui est de la décision modificative, nous avons un certain nombre d’interrogations, que nous avions déjà mentionnées lors des débats budgétaires :
Le rapport mentionne, tant pour la Pouponnière, que pour le Centre maternel Les Marronniers et la Cité de l’Enfance, des excédents budgétaires importants en section d’investissement pour 2024. La décision modificative propose donc ici de les comptabiliser, tout en annulant de ce fait les emprunts d’équilibre.
Pour autant, nous avons des interrogations :
Les importants excédents dégagés témoignent-ils vraiment d’une absence de besoins en investissements pour ces structures ? A quoi sont liés ces excédents ? Sur quoi se fondaient les prévisions budgétaires de 2024 et des années précédentes, s’il n’était pas prévu de déployer tous ces moyens ?
Nous regrettons que chaque année les rapports budgétaires sur les établissements de l’ASE, soient, pour le moins, peu explicites concernant ces questions… Sur des sujets aussi importants, qui sont au cœur des dispositifs départementaux, il y a un manque réel d’explications et d’informations dans les documents qui nous sont présentés.
En matière d’investissements, pourtant, certains besoins nous remontent.
Un sujet revient notamment concernant la Cité de l’Enfance, en matière de restauration.
Comme pour les collèges, les prestations de la société délégataire Elior sont vivement critiquées, tant par les enfants que par les personnels. Les repas du midi ne sont pas à la hauteur, tant en termes de quantités que de qualité.
Les repas du soir, préparés par les personnels de la Pouponnière, sont de meilleure qualité, mais de ce côtés les difficultés se situent du côté de la fidélisation des personnels de cuisine, qui ne restent pas en raison de salaires peu attractifs.
Monsieur le Président, alors que vous prévoyez pour les collèges le déploiement des cuisines sur place – ce que nous encourageons – pourquoi ne pas engager des investissements identiques à la Cité de l’Enfance, pour permettre aux jeunes pris en charge d’avoir eux aussi l’alimentation de qualité à laquelle ils ont droit ?
Et comme déployer des moyens matériels nécessite souvent le déploiement de moyens humains, cela impliquerait également, en termes de personnels, le recrutement de maîtresses de maison dûment formées pour le travail en cuisine. Certaines y sont disposées. Cela a d’ailleurs été le cas dans le passé, me semble-t-il. Et ce serait bénéfique pour les enfants.
Des problèmes restauration se posent aussi à la Pouponnière d’Asnières, qui connait de gros problèmes de recrutement de personnels en cuisine, ainsi qu’en buanderie et en ménage.
En matière d’investissement, des questions sont aussi posées sur cet établissement : qu’en est-il de la seconde extension de la pompe à chaleur dans l’ensemble de l’établissement, et de la rénovation de l’isolation thermique extérieure ?
Tous ces aspects participent évidemment des bonnes conditions d’accueil et de prise en charge que nous devons aux enfants, autant qu’aux bonnes conditions de travail des agents.
Je voudrai élargir mon propos en matière d’effectifs et d’emplois, pour rappeler certains besoins persistants à la Cité de l’Enfance, au-delà des questions de restauration, qui touchent en particulier à la pénurie de psychologues (aujourd’hui 1 seule psychologue sur 3 théoriques), mais aussi le manque de maîtresses de maison et de coordinateurs.
Cette problématique du recrutement reste donc prégnante, il nous faut être plus attractifs, y mettre les moyens, mais c’est là un débat récurrent.. Je vous remercie.
