Monsieur le Président, chers collègues,

Je souhaiterais revenir ici sur la question de l’accès de certains établissements hors REP et REP+, au dispositif PREMIS.

Je voudrais en particulier évoquer à nouveau la situation du collège Pasteur de Gennevilliers, qui bénéficiait encore il y a deux ans de ce dispositif, et qui ne le peut plus aujourd’hui, du fait de sa sortie du classement REP.

Vous nous aviez répondu l’an dernier que le fautif, dans cette situation, était l’État. Nous en convenons…

Vous rappeliez aussi que PREMIS est un dispositif créé à l’initiative du Département, donc non obligatoire. Nous en convenons également…

Mais pour autant : nous reconnaissons, avec les équipes éducatives, l’intérêt de ce dispositif, et il nous semble que le Département aurait tout intérêt à le déployer là où les besoins existent.

Ces besoins, en l’occurrence, ne correspondent pas systématiquement aux classements décidés par les services de l’Éducation nationale.

Nous l’avons dit, pour le collège Pasteur, qui se situe dans un quartier où les difficultés sociales sont grandes, et dont l’IPS n’est désormais que de 84, les besoins des élèves et des équipes éducatives n’ont, en réalité, pas véritablement changé depuis deux ans ; ils se sont même aggravés.

J’ajoute que la proportion d’élèves boursiers a fortement augmenté : elle est passée de 38 % à 45 %, avec une hausse notable des boursiers de troisième catégorie, ce qui traduit une précarité grandissante des familles accueillies par cet établissement.

PREMIS avait dans le passé donné des résultats probants, puisque les enseignants ont constaté une forte baisse de l’absentéisme et une amélioration des résultats scolaires pour plus de la moitié des élèves engagés dans le dispositif.

Pour le collège Pasteur, la perte du classement en REP, et par conséquent de la dotation bonifiée de 17 % du Département, représente en somme une double peine.

À cela s’ajoute une baisse importante du budget pédagogique : les documents budgétaires du CA pour 2026 montrent un besoin de financement de plus de 24 000 € rien que sur les activités pédagogiques, ce qui correspond à une diminution d’environ 20 000 € par rapport à l’année précédente.

Cette situation est toujours dénoncée aujourd’hui par les enseignants, les parents, et les élus municipaux de Gennevilliers.

Nous le redisons donc : la situation des collèges départementaux aux IPS les plus bas – pas tous classés en REP et REP+ –, doit retenir toute l’attention de notre collectivité.

Le collège Pasteur n’est d’ailleurs pas le seul dans ce cas, comme cela avait été souligné l’an dernier par notre collègue Najib Benarafa, qui avait signalé d’autres établissements confrontés à la même incohérence.

Et je souhaite souligner ici un point de cohérence : vous avez accepté, dans d’autres dotations budgétaires aux collèges, de tenir compte de l’IPS comme indicateur de besoins.

Pourquoi ne pas retenir ce même indicateur dans le cadre du dispositif PREMIS, puisqu’il révèle objectivement la situation sociale des établissements, parfois de manière bien plus fine que le seul classement REP ?

Il y a là un enjeu de cohésion sociale fort en matière de prévention des ruptures éducatives et scolaires. Les territoires fragilisés ont besoin de plus de coopération entre l’État et les Collectivités, au travers notamment de tels dispositifs.

Enfin, je voudrais pour conclure attirer votre attention sur les difficultés auxquelles sont confrontés les personnels de ménage de ce collège, qui travaillent depuis plusieurs mois dans des conditions dégradées, en raison d’un sous-effectif chronique, qui entraîne pour eux une forte surcharge de travail.

Malgré leurs demandes répétées, aucune réponse suffisante n’a été apportée pour y remédier.

Cette situation a évidemment un impact sur la qualité d’entretien du collège, et donc sur les conditions de travail de l’ensemble des élèves et des équipes éducatives, qui ont exprimé leur mécontentement et leur solidarité avec les agents de ménage.

Il est donc important, Monsieur le Président, que le Département puisse y répondre au plus vite.

Je vous remercie.