Dans notre pays, des milliers d’enfants en danger peinent à accéder à la protection légitime de la République : services sociaux saturés, professionnels à bout de souffle, parcours fragmentés.

Il est urgent que les autorités retrouvent une volonté politique forte en matière de protection de l’enfance.

Exigeons des engagements nationaux indispensables : le recrutement et la formation des professionnels ; la prise en charge des enfants placés, dont certains dorment à l’hôtel faute de solutions pérennes ; le soutien aux familles en amont des placements avec une réelle politique de prévention ; la prise en compte de la parole des enfants, encore trop souvent ignorée.

Une réforme du pilotage institutionnel est nécessaire pour sortir des logiques concurrentielles entre départements, justice et État, avec en amont une concertation réelle entre acteurs de terrain, associations, départements et jeunes concernés.

La protection de l’enfance est un pilier de notre pacte républicain. Elle mérite mieux que de simples effets d’annonce du Gouvernement.

Concernant les mineurs non accompagnés (MNA), une commission parlementaire a récemment pointé les défaillances de leur prise en charge. Elle dénonce des conditions d’accueil souvent parmi les plus précaires de la protection de l’enfance et des traitements différenciés avec les jeunes français.

Dans les Hauts-de-Seine, nous rappelons constamment la nécessité de renforcer les services de l’ASE. Nous dénonçons la récente convention signée entre la préfecture du 92 et le Département, qui va précariser davantage ces jeunes relevant de la protection de l’enfance.

Nous réaffirmons notre opposition à toute politique de gestion des mineurs isolés fondée sur le soupçon, l’exclusion et la mise à la rue. Cette approche déshumanisée trahit les valeurs d’accueil, de solidarité et d’émancipation qui fondent notre République.

À l’inverse, il est essentiel de défendre une politique digne et humaine pour ces jeunes, conforme à la Convention internationale des droits de l’enfant. Comme sujets de droits, ils doivent être protégés dans leur intégrité, leur parcours et leur dignité.