Monsieur le Président,
Cher·es collègues,
Nous examinons aujourd’hui le bilan du Fonds de Solidarité Logement pour le dernier trimestre de l’année 2024 et ainsi, le bilan 2024. Une fois encore, ce rapport donne à voir l’état de fragilité croissante de nombreux ménages de notre département, pris en étau entre inflation persistante, crise du logement et recul des politiques publiques de solidarité.
Certes, les chiffres globaux 2024 traduisent une hausse des aides accordées : +10,7 % en montant et +5,8 % en volume par rapport à 2023. Cette augmentation doit être lue à la lumière de deux faits majeurs.
D’une part, cette augmentation est tirée quasi exclusivement par les aides au maintien dans le logement, principalement en lien avec l’explosion des impayés de charges et d’énergie. Rien qu’en un an, les aides pour les impayés d’électricité ont bondi de 75 %. Cela dit quelque chose de l’ampleur de la précarité énergétique que subissent des milliers de familles dans notre département.
D’autre part, les aides à l’accès au logement, elles, continuent de reculer : -8,8 % du nombre d’aides et -6 % des montants. Et ce recul, trimestre après trimestre, confirme nos alertes.
Ils soulignent à nouveau un fort tassement des rotations dans le logement et donc, une situation du logement en France qui s’aggrave : évoluer, bouger devient pour trop de familles un horizon inatteignable.
Alors même que le 3e trimestre avait enregistré une remontée, le rapport fait état d’une baisse de 15,9 % des montants accordés au FSL au dernier trimestre par rapport au trimestre précédent, et de 7,7 % du nombre d’aides. Cette diminution est particulièrement marquée pour les aides au maintien dans le logement : –26,4 % en montant, –16,2 % en nombre.
Ces chiffres doivent nous alerter, car ils ne sont pas le signe d’un système qui fonctionne mieux, mais au contraire, celui d’une situation sociale qui se dégrade à grande vitesse.
Cela vient d’ailleurs conforter les craintes exprimées par l’Union sociale pour l’Habitat lors de son dernier congrès sur une aggravation de la situation que j’évoquais déjà en décembre dernier :
- Une liste de ménages en attente d’un logement social qui s’allonge à n’en plus finir. Fin 2023, on estimait à près de 2,6 millions les demandes de logement social non encore pourvues, dont 844 000 demandes de ménages déjà locataires Hlm.
- Cette dégradation s’accompagne d’une baisse du nombre d’agréments de nouveaux logements sociaux. Quelque 82 200 logements sociaux ont été agréés en 2023, contre 124 200 en 2016, année de référence pour l’USH, soit des dizaines de milliers de « logements perdus » au fil des années…
- A cela, s’ajoute un gel des crédits accordés à la rénovation des HLM malgré les promesses faites en 2023.
- Un accès à la propriété de plus en plus difficile avec la forte hausse des taux d’intérêt et les difficultés croissantes pour obtenir des prêts immobiliers.
Le marché du logement est enfermé dans ce cercle vicieux et ceux qui en subissent les conséquences sont évidemment les ménages les plus modestes qui ne peuvent plus quitter leur logement même s’ils ne correspondent pas à leurs besoins.
Monsieur Le Président, cher-es collègues, nous le savons. Il y a urgence à agir à toutes les échelles où nous le pouvons pour favoriser la construction de logements sociaux, partout et pour tous. A notre niveau, nous pouvons et devons agir. Notre département en a les moyens.
