Monsieur le Président, mesdames, messieurs,
Maintenant que les chiffres des IPS sont – enfin ! – rendus publics, nous savons de manière certaine et incontestable que la non mixité est une des raisons qui explique l’aggravation de l’échec scolaire dans notre Département.
Ils sont édifiants. J’en veux pour preuve que les 10 collèges publics présentant les IPS les plus faibles sont implantés dans 6 communes, certaines en accueillant plusieurs. Sans surprise, il s’agit de : Colombes, Villeneuve-La-Garenne, Nanterre, Gennevilliers, Bagneux et Clichy. Dans le même ordre d’idées, les 10 établissements présentant les IPS les plus élevés, si l’on exclut l’école de danse de l’opéra de Paris pour des raisons évidentes, sont situés dans les 8 communes suivantes : Rueil-Malmaison, Meudon, Vanves, Clamart, Neuilly-sur-Seine, Antony, Sceaux et Saint-Cloud.
Certaines de nos villes ont entamé leur évolution. Notamment par le biais des dispositifs Anru, pour favoriser la mixité des logements et, par voie de conséquence, des populations. Cet effort de mixité serait d’ailleurs plus rapide et plus efficient si les villes qui sont en deçà du taux minimal de logements sociaux édicté par la Loi, cessaient de s’arque-bouter en plaçant leur énergie au service du contournement de la règle, plutôt que de s’y conformer.
Ces rééquilibrages opérés par les communes, notamment via les projets Anru, se font sur le temps long. Car, quand nous avons à faire à l’humain, on ne déplace pas les gens à coups de bulldozer. Mais ces dispositions ne suffisent pas et il convient de s’atteler sérieusement à la question de la mixité au sein des collèges.
Ma proposition consisterait à expérimenter un dispositif en direction des collégiens qui vont venir s’installer aux Groues par exemple. Car rappelons-le, vous n’avez pas voulu d’un collège dans ce secteur. Or, ce sont 172 logements qui seront livrés à la rentrée 2025 et 171 à la rentrée 2026. Si on applique le coefficient théorique de 20% de collégiens, ce seront, à court terme, 70 jeunes qui devront être répartis ailleurs. Nous savons d’ores et déjà qu’ils ne pourront être accueillis à Victor Hugo tel que vous l’avez pensé, à 30 minutes à pied des Groues, et déjà en saturation d’effectifs. Ni même à Paul Eluard ou à République, qui présentent une capacité d’accueil théorique de 600 élèves mais qui, du fait de leur classement en REP et de la configuration des locaux, ne sont pas en capacité d’accueillir d’effectifs supplémentaires.
Le seul établissement vers lequel ils pourraient être dirigés serait André Doucet, à 40 minutes de marche des Groues ! Et encore faudrait-il y réaliser des travaux pour que cela soit possible…
Face à ce constat, la réponse est simple. Il suffit d’ailleurs de se munir d’un plan pour constater que le collège des Champs Philippe à la Garenne-Colombes ne se trouve qu’à 10 minutes de marche. De même que celui de Georges Seurat à Courbevoie. Autre avantage : présentant respectivement un IPS de 115 et 119, tandis que Victor Hugo est à 93, cette démarche serait le gage d’un effort vers la mixité. Et ce serait d’autant plus pertinent que nous savons que les communes susceptibles d’accueillir les collégiens nanterriens enregistrent des baisses d’effectifs du fait de la démographie.
Dans le même ordre d’idées, je pense aussi au projet de reconstruction du collège Evariste Galois au Parc sud, qui pourrait accueillir des élèves en provenance de Puteaux tandis que le collège de Puteaux aurait pu accueillir des élèves Nanterriens et, ainsi, favoriser la circulation des élèves entre nos deux villes. Vous semblez vouloir mettre un terme à ce projet qui, j’en suis convaincu, a du sens. Ne cédez pas à la facilité !
Pourtant, ce type de dispositions porte ses fruits et a déjà été mis en place dans certains territoires. Je pense ici évidemment à ce qu’a fait Paris. Cela donne pleine satisfaction et cela est reconnu par tout le monde. Alors pourquoi pas dans le Département des Hauts-de-Seine ? Pourquoi ne pas agir en faveur de nos enfants et de leur réussite ?
C’est d’autant plus pertinent que les projets de tramways qui sont en train de voir le jour à l’échelle du Département et la future ligne 15 ouest, qui reliera le nord au sud d’ici quelques années, rendront possible cet effort de mixité.
Car on peut considérer que les tranches d’âge des jeunes concernés leur permettent de prendre les transports en commun. C’est d’ailleurs déjà le cas des familles pratiquant l’évitement scolaire qui envoient leurs enfants dans le privé. D’ailleurs, à Nanterre, l’évitement scolaire des collégiens en direction du privé concerne 436 élèves, soit 11,8% de la population en âge d’être scolarisée au collège. Presque de quoi remplir un collège !
Je ne vois donc rien qui nous empêche de nous engager dans cette démarche.
Faisons en sorte que notre Département, à la traine en matière de mixité sociale, rattrape ce retard et se montre innovant en la matière ! Je vous remercie.
