En novembre dernier, l’exécutif départemental a renouvelé les concessions de restauration scolaire des collèges publics. Considérant qu’il s’agit d’un véritable choix politique, nous nous sommes une nouvelle fois opposés à cette décision.
Ces dernières années, ce service délégué à de grands groupes privés de restauration a constamment suscité l’insatisfaction des élèves et de leurs parents. Pourtant, depuis 15 ans, nous ne cessons de dire que la restauration scolaire relève d’une responsabilité sociale en vertu de laquelle elle ne peut être confiée à des entreprises dont la préoccupation essentielle est d’assurer la rémunération de leurs actionnaires.
Il s’agit là d’un choix important, l’alimentation de nos enfants constituant un véritable enjeu de santé publique, notamment pour les plus défavorisés pour qui la cantine est parfois l’unique occasion d’un vrai repas équilibré. Leur santé, comme celle des autres, ne peut ni ne doit être laissée aux intérêts du privé.
La décision de poursuivre en ce sens est incompréhensible. L’exécutif départemental s’obstine à tenter de corriger les défauts liés à ce choix, plutôt que d’en faire d’autres qui permettraient de garantir un service de restauration scolaire de qualité, attentif aux usagers comme aux producteurs, notamment locaux. C’est par exemple le cas des entreprises publiques locales (EPL), dont la majorité du capital est détenue par les collectivités locales et gérée par les élus.
D’ailleurs, quand le département considère qu’une question est sérieuse, il est capable de créer une structure de cette nature, ce qui fut le cas pour les énergies renouvelables par exemple. L’occasion d’innover en matière de gestion pour la restauration des collèges départementaux a de nouveau été manquée. Sur un sujet aussi crucial, nous ne pouvons que le déplorer.
La restauration de nos enfants ne constitue-t-elle pas un sujet de préoccupation assez important pour être confiée à des entreprises dont le seul objectif consiste à faire des profits ? L’assainissement ou la voirie, pourquoi pas, mais pas la nourriture de nos enfants !
Nous continuerons de nous mobiliser, aux côtés des parents d’élèves et de la communauté éducative, pour exiger l’amélioration de ce service public.
Patrick JARRY
