Monsieur le Président, Chers collègues,
Comme tous les ans, lors de l’examen des rapports d’activité annuels, on ne peut qu’être étonné de l’écart entre l’expérience critique des usagers des cantines des collèges, et la communication de certains concessionnaires, qui nous parlent d’engagement sur l’innovation culinaire, de la sélection de produits de qualité et d’éducation au goût…
Je ne reviendrai pas sur les nombreuses plaintes des parents d’élèves sur la qualité des repas, dont la presse s’est encore faite l’écho récemment.
Nous vous savons attentif à l’amélioration de la qualité de ce service ; et le développement des cuisines sur place représente, sans aucun doute, une avancée que nous soutenons.
Pour autant, nous le redisons, déléguer l’alimentation de nos jeunes à des entreprises privées, dont la raison d’être est la rémunération du capital investi, reste à nos yeux le problème de fond.
Il y a là, chacun le sait, un enjeu sanitaire et pédagogique pour les élèves des collèges.
Il y a aussi, nous le rappelons souvent, un enjeu de production agricole.
Nous continuons à penser que le Département, qui est un des principaux donneurs d’ordre dans la restauration collective sur son territoire, devrait explorer d’autres solutions que les DSP pour répondre à ces questions.
Vous nous dites que la régie publique ne garantit pas forcément une qualité des repas supérieure… On peut en débattre, et tout dépend de l’exigence de qualité que l’on y met !
Pour l’heure en tout cas, les délégations au privé n’ont pas fait leurs preuves.
De nombreuses collectivités, de gauche mais aussi de droite et que vous connaissez bien, ont fait le choix de la gestion publique :
je pense par exemple dans notre Département, pour ne pas citer seulement des villes de gauche, à la ville de Boulogne-Billancourt qui dispose d’une cuisine centrale municipale, qui semble donner toute satisfaction.
Au niveau des autres Départements, je pense notamment à la Dordogne, souvent citée pour sa gestion publique ambitieuse, où l’ensemble des collèges sont progressivement en train de passer au 100% bio et local.
Plus près de nous, je pense bien sûr aussi aux Yvelines, qui ont créé une SEMOP, avec par conséquent une maîtrise de la collectivité sur ce service.
Il nous semble que ce dernier exemple présente une autre voie, permettant une meilleure maitrise publique, et qui mérite d’être étudiée.
En effet, pourquoi ne pas aller vers le modèle des Entreprises publiques locales, et en particulier, s’il s’agit de laisser tout de même une part au privé, celui des SEMOP, qui permettrait de sortir de l’alternative entre régie et concessionnaires privés, tout en gardant cette maîtrise nécessaire à la collectivité.
Notre Département sait s’orienter vers ce type de structure lorsqu’il s’agit par exemple d’énergies renouvelables ; ou en coopération avec les Yvelines, des voiries départementales.
Je vous remercie.
