Monsieur le Président, chers collègues,
Notre groupe s’abstiendra sur ce programme départemental d’insertion.
La lutte contre l’exclusion socio-professionnelle, ainsi que le soutien aux allocataires du RSA pour l’accès à des formations de qualité, et à des conditions d’emploi dignes et durables, sont des préoccupations fortes de notre groupe.
Ces questions sont au cœur des compétences départementales, et la mise en œuvre d’un programme d’insertion ambitieux est un enjeu essentiel.
Nous rejoignons, d’une manière générale, les trois grandes orientations énoncées par votre programme :
Remobiliser et agir sur les freins à l’emploi,
Orienter et faire monter en compétences,
Accompagner progressivement vers l’emploi.
Nous partageons également votre volonté d’établir des dispositifs d’accompagnement en matière de santé et de logement, en particulier le recours au FSL pour améliorer l’accès au logement. Toutefois, nous pensons que ce programme ne va pas assez loin sur cette question. Une réponse véritablement structurelle à la crise du logement passe par un renforcement de l’offre de logement social, notamment en soutenant les villes qui souhaitent construire au-delà des seuils de la loi SRU, et en obligeant celles qui ne respectent pas ces engagements à prendre leurs responsabilités. Vous connaissez notre position sur ce sujet.
Au-delà de ces aspects, les mesures d’aide à la maîtrise des outils numériques, la facilitation de l’accès à la formation, et le développement de l’insertion par l’activité économique, vont dans le bon sens.
Le soutien à l’exercice de la parentalité et les solutions pour la garde d’enfants pourraient également être positives… même si nous avons de fortes réserves sur les conditions de mise à disposition de places en crèches, en particulier dans un contexte, de tensions sur le recrutement dans ce secteur mais aussi de municipalisation des crèches et de désengagement du département sur cette question ces dernières années. Ma collègue Hélène Cillières y reviendra tout à l’heure…
Nous sommes également très circonspects sur les partenariats établis dans le cadre de ce programme avec des associations membres du Groupe SOS.
Nous l’avions récemment évoqué en Commission permanente le cas de l’association Josephine, qui est à nouveau mentionnée dans ce programme. On peut ajouter ici l’association Wimoov, qui propose des solutions de mobilité, et qui fait aussi partie du Groupe SOS.
Nous le redisons, le financement du Groupe SOS, connu pour approche néolibérale de l’économie sociale et solidaire, pour ses pratiques managériales problématiques, et ses activités parallèles avec les élus proches du président de la République, n’est pas compatible avec le modèle d’action que nous devrions promouvoir pour accompagner nos concitoyens les plus en difficulté et lutter contre l’exclusion.
Plus largement, je voudrais pour conclure revenir sur notre opposition de fond à la réforme nationale de l’accompagnement des allocataires du RSA, qui encadre ce programme départemental d’insertion :
Une réforme, nous l’avons dit, largement dénoncée par les organisations syndicales et associatives pour son caractère coercitif et stigmatisant, et dont les mécanismes de contrôle et de sanctions prochainement mis en oeuvre occultent les véritables freins structurels à l’emploi.
Nous pensons que la philosophie de cette réforme n’ouvre pas la voie à une politique d’insertion socio-professionnelle durable, plus humaines et respectueuses de nos concitoyens rencontrant des difficultés d’accès à l’emploi.
Je vous remercie.
