Monsieur le Président, chers collègues,

Nous avions noté l’an dernier que la majorité des établissements ayant déposé un dossier sur le dispositif PREMIS étaient des collèges aux Indices de Position Sociale inférieurs à 100, mais que paradoxalement tous les REP et REP+ ne figuraient pas dans la liste.

Cette année, seuls les REP et REP+ sont donc concernés…

Pour autant, dans la situation actuelle, des interrogations demeurent concernant certains collèges ; notamment les établissements sortis des classements en REP, mais dont les besoins restent toujours aussi importants.

Je pense par exemple au collège Pasteur de Gennevilliers, qui bénéficiait encore l’an dernier du dispositif PREMIS.

Avec un IPS de 90, on comprend en effet que les besoins des élèves et des équipes éducatives de ce collège n’ont, en réalité, pas véritablement changé depuis l’an dernier.

D’autant qu’il se situe dans un quartier où les difficultés sont grandes, et où, à l’été 2023 et la semaine passée encore, des écoles ont été brûlées.

On peut dès lors se préoccuper du retrait du dispositif PREMIS d’un collège comme celui-ci.

Son équipe éducative est aujourd’hui inquiète de cette perte. Elle nous rappelle que dans ce collège, en 2021-2022, 12 classes ont été concernées par les 29 élèves inscrits au dispositif. En 2022-2023, c’étaient 14 classes pour 33 élèves inscrits dans les 5 ateliers proposés. Et en 2023-2024, c’étaient 17 classes pour 49 élèves inscrits dans les 7 ateliers.

Ceci avec des résultats probants, puisque les enseignants ont constaté une forte baisse de l’absentéisme et une amélioration des résultats scolaires pour plus de la moitié des élèves engagés dans le dispositif.

Pour le collège Pasteur, la perte du classement en REP, et par conséquent de la dotation bonifiée de 17% du Département, représente en somme une double peine, sur laquelle les enseignants, les parents, et les élus municipaux sonnent l’alerte !

Cet exemple doit guider notre réflexion, comme nous l’avons déjà souligné, sur la situation des collèges départementaux aux IPS les plus bas – pas tous classés en REP et RPE+ -, qui doivent retenir toute l’attention de notre collectivité.

Est-il souhaitable de retirer des aides à ces établissements au motif que l’Education nationale y répond en partie ? ou à l’inverse, ne vaut-il pas mieux travailler de concert avec celle-ci pour renforcer certains dispositifs et améliorer leur complémentarité ?

La cohésion sociale est un enjeu fort du Département en matière de prévention des ruptures éducatives et scolaires. Les territoires fragilisés ont besoin de plus de coopération entre l’Etat et les Collectivités, au travers de tels dispositifs.

Enfin n’est-il pas aussi nécessaire d’aller davantage au-devant des collèges aux IPS bas et en REP qui ne proposent pas systématiquement de candidatures sur ces dispositifs ?

Il nous semble que c’est bien vers cette approche « mieux disante » et volontariste qu’il faut orienter l’action de notre collectivité.

Je vous remercie.