Monsieur Le Président, Chers collègues,

Le rapport qui nous est soumis, aujourd’hui, présente le bilan des aides attribuées au titre du Fonds de Solidarité Logement pour le 2e et le 3e trimestres 2024.

Les craintes exprimées, il y a un an, sur la crise du logement et les conséquences pour les ménages sont confirmées par les chiffres annoncés. Malgré une petite remontée au 3e trimestre, les demandes et donc les aides du FSL Accès restent bien en deçà de ce que nous avons pu connaître.   

Nous connaissons toutes et tous, ici, la situation économique et sociale qui impacte en premier lieu, et fortement, celles et ceux qui sont déjà fragilisés. Les besoins dans notre département ne baissent pas. Bien au contraire.

Ces chiffres soulignent à nouveau un fort tassement des rotations dans le logement et donc, une situation du logement en France qui s’aggrave : évoluer, bouger devient pour trop de familles un horizon inatteignable. Cela vient d’ailleurs conforter les craintes exprimées par l’Union sociale pour l’Habitat lors de son dernier congrès sur une aggravation de la situation par rapport à 2023 :

  • Une liste de ménages en attente d’un logement social qui s’allonge à n’en plus finir. Le nombre de ménages en attente d’un logement social a atteint 2,7 millions au premier semestre 2024, soit 100 000 de plus qu’en 2023. 

1,8 million de ménages sont en attente d’un premier logement et 870 000 déjà logés dans le parc existant en attendent un nouveau.

  • Cette dégradation s’accompagne d’une baisse du nombre d’agréments de nouveaux logements sociaux. Quelque 82 200 logements sociaux ont été agréés en 2023, contre 124 200 en 2016, année de référence pour l’USH, soit des dizaines de milliers de « logements perdus » au fil des années…
  • A cela, s’ajoute un gel des crédits accordés à la rénovation des HLM malgré les promesses faites en 2023. 
  • Un accès à la propriété de plus en plus difficile avec la forte hausse des taux d’intérêt et les difficultés croissantes pour obtenir des prêts immobiliers.

Le marché du logement est enfermé dans ce cercle vicieux et ceux qui en subissent les conséquences sont évidemment les plus ménages les plus modestes qui ne peuvent plus quitter leur logement même s’ils ne correspondent pas à leurs besoins. 

Monsieur Le Président, cher-es collègues, nous le savons. Il y a urgence à agir à toutes les échelles où nous le pouvons pour favoriser la construction de logements sociaux, partout et pour tous. A notre niveau, nous pouvons et devons agir. Notre département en a les moyens. Mettons en place un plan d’urgence.

Je vous remercie.