La presse a récemment fait écho du mécontentement des élèves et de leurs parents, quant à la   qualité des repas servis dans les cantines des collèges départementaux.

Nous recueillons nous aussi depuis plusieurs mois, avec beaucoup d’attention, de nombreux témoignages de mécontentement concernant soit l’absence de certains aliments essentiels dans les plats principaux, soit le manque d’entrées ou de desserts, et plus généralement la mauvaise gestion des quantités prévues pour les différents services, avec pour résultat des élèves sortant de table sans avoir mangé à leur faim.

Nous l’avons déjà dit, cette situation n’est pas acceptable.

La décision du Département de confier la restauration des collèges à de grands groupes privés, dont la raison d’être est d’abord de générer des profits pour leurs actionnaires, ne peut donner un service satisfaisant.

Ces entreprises n’ont pas pour préoccupation première de mettre les produits de qualité au cœur de leur politique, ni de contribuer à l’indispensable émergence d’une agriculture durable, bien que la loi Egalim les y incite aujourd’hui davantage.

Il reste pour nous essentiel de renforcer la maitrise publique du service de restauration des collèges, avec un suivi régulier et transparent des prestations, ainsi que des personnels mieux formés.

L’objectif d’amélioration de la qualité des repas doit être constant.

L’idée de généraliser la cuisine sur place, en remplacement des actuelles livraisons en « liaison froide », fait aujourd’hui son chemin, et c’est tant mieux.

Il faut aller plus loin en renforçant les collaborations avec les petits producteurs locaux, pour faire bénéficier à nos jeunes d’une alimentation plus saine et équilibrée.

Cette politique du « bien manger » revêt une dimension tout à la fois sanitaire et pédagogique : il faut développer l’éducation au goût, par exemple en mettant à profit les futures cuisines sur place pour faire participer nos collégiens à des ateliers culinaires, en lien avec les producteurs.

Il y a sur cet enjeu, qui relie questions pédagogiques, sanitaires et écologiques, un devoir moral pour notre collectivité.

C’est en ce sens qu’elle doit penser l’avenir de ce service public de restauration scolaire.