REGARDEZ L’INTERVENTION DE NADIA MOUADDINE EN VIDEO ICI :
Monsieur le Président, chers collègues,
Nous sommes tous conscients de l’importance des moyens humains et financiers pour le bon fonctionnement des structures de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Ce rapport, bien qu’il aille dans le sens de certains ajustements nécessaires, ne répond pas entièrement aux enjeux de fond que nous avons déjà soulevés. Pour cette raison, notre groupe s’abstiendra.
Certes, nous reconnaissons les efforts réalisés et les évolutions notables par rapport à certaines difficultés passées. Toutefois, plusieurs problématiques demeurent d’actualité, et je tiens à les rappeler devant cette assemblée.
Tout d’abord, concernant le recours aux intérimaires, nous savons que l’ensemble des métiers médico-sociaux souffrent de tensions, affectant également nos collectivités. Cependant, il est impératif que des actions plus ambitieuses soient mises en place pour rendre ces postes plus attractifs. Le recours à l’intérim, qui représente ici encore 77 000 € de dépenses supplémentaires pour la Cité de l’enfance, ne peut être une solution pérenne. Ces travailleurs temporaires, bien qu’indispensables dans l’urgence, ne sont pas toujours en capacité de remplir l’ensemble des missions éducatives requises, et cette situation ne peut se prolonger sans impact sur la qualité de l’accompagnement des enfants.
Ensuite, concernant les travaux à la Cité de l’enfance, nous déplorons une nouvelle fois les retards accumulés. Il est fait mention de difficultés avec les entreprises : obtention de devis tardive, entreprises engagées qui ne se présentent pas, ou qui interviennent en dehors des délais convenus. De plus, les travaux se déroulent dans un contexte d’occupation du site, sensible par nature, et certaines entreprises ne respectent pas les espaces dédiés aux enfants. Les représentants du personnel ont exprimé la nécessité d’obtenir un calendrier précis pour chaque pavillon afin de pouvoir anticiper et adapter l’accompagnement des enfants. Ils demandent également à être associés à la gestion de l’organisation des travaux, ce qui semble indispensable.
Enfin, une question cruciale reste celle des Familles d’Accueil Relais d’Urgence (FARU). Sur les six FARU, trois sont en longue maladie, ce qui réduit fortement la capacité d’accueil. Il est urgent d’augmenter cette capacité, d’autant plus que les assistants familiaux accueillent des enfants aux besoins complexes, souvent affectés par des troubles qui ne peuvent être pris en charge de manière optimale dans un cadre collectif. Par manque de solutions pérennes, les enfants restent parfois trop longtemps au sein des FARU, où trois familles ne disposent que de trois ou quatre agréments. Nous sommes donc encore loin des perspectives d’augmentation de la capacité FARU annoncées en début de mandat.
Pour toutes ces raisons, malgré les ajustements budgétaires proposés, notre groupe s’abstiendra sur ce rapport.
Je vous remercie.
