REGARDEZ L’INTERVENTION DE LAUREEN GENTHON EN VIDEO ICI :
Monsieur Le Président, Chèr.es Collègues,
Notre groupe souhaite saluer cette nouvelle dénomination qui attribue le nom de
Charlotte DELBO, résistante communiste, déportée dans le camp de femmes de
Ravensbrück en 1944. Nous saluons ce choix fait en concertation avec la Maire de
Malakoff, Jacqueline Belhomme. Un choix fort, un choix politique engagé pour
l’égalité, celui de valoriser les parcours et les vies de femmes autant que celles des
hommes dans nos espaces publics.
Cette nouvelle dénomination vient ainsi remonter le faible taux de féminisation des
noms de nos établissements. En effet, dans notre département, seuls 6 collèges
portent le nom d’une femme ; 7 aujourd’hui avec l’entrée de Charlotte DELBO qui
rejoint Anne FRANK, à Antony ; Jacqueline AURIOL (aviatrice et deuxième femme
pilote d’essai en France après Adrienne Bolland), à Boulogne ; Geroge SAND à
Châtillon ; Marguerite DURAS à Colombes ; Armande BEJART (comédienne
française) à Meudon et Marie CURIE à Sceaux.
Ainsi, sur les 98 collèges publics, 7 portent le nom d’une femme soit un taux de 7%.
En février 2024, le Conseil d’évaluation de l’école a publié une étude intitulée « De
quoi les établissements scolaires sont-ils le nom ? », on y apprend que lorsque les
établissements scolaires portent un nom, les personnalités masculines sont très
majoritaires et les femmes sous-représentées. En France, 17 % de nos collèges
portent le nom d’une femme, c’est 16% pour les lycées et 23 % pour les écoles.
Notre département, comme vous l’avez rappelé, résolument engagé dans une stratégie
départementale pour l’égalité entre les femmes et les hommes, ne peut se satisfaire
d’une si faible représentation des femmes dans la dénomination de nos collèges.
Alors, j’espère avoir bien lu le plan d’actions 2023-2025, mais il ne me semble pas
qu’il soit fait mention de la place des femmes dans l’espace public.
Ceci dit, nous ne sommes pas le plus mauvais élève en ce domaine, le département
des Yvelines est à 6 % ; à 11 % dans le Val de Marne, 12 % dans le Val d’Oise, 14 %
à Paris et en haut du classement la Seine Saint Denis avec près de 20 %.
Il ne s’agit pas ici de donner la leçon, ni de distribuer les bons ou mauvais points.
Nous faisons le constat, que nos espaces publics doivent faire plus de place aux
femmes, parce que les parcours des femmes comptent, ils se saluent et s’honorent au
même titre que celui des hommes. Sans oublier le modèle que cela représente pour les
petites filles.
Aussi, parce qu’il nous paraît important de rétablir un équilibre, de réparer une
injustice considérable – la moitié de l’humanité rendue invisible dans l’espace
public !, notre groupe vous soumet aujourd’hui 3 propositions permettant de rattraper
notre retard :
- de se fixer la règle selon laquelle, dorénavant, tout création d’équipement public
départemental se verra attribuer le nom d’une femme ; et lorsque cela est possible,
comme pour le cas présent, de modifier la dénomination au profit d’une femme - d’encourager les 36 communes des Hauts-de-Seine à féminiser leurs noms de rues,
d’écoles, d’équipements sportifs et de valoriser les bonnes pratiques de certaines
villes. Par exemple, à Nanterre nous sommes passés de 9 % de noms de rues à plus de
20 % lors du conseil municipal du 26 juin dernier, grâce à la création du nouveau
quartier des Groues. Nous inaugurons d’ailleurs ce soir le nouveau gymnase Alice
Millat dans le quartier du Vieux Pont à Nanterre. En 2021, la Ville de Bagneux
s’engageait à donner la place qui revient aux femmes dans l’espace public, en
organisant un vote des habitants pour choisir les 3 nouveaux noms de rues, parmi un
choix de 6 femmes, du quartier des Mathurins. En 2022, la ville de Garches s’est
également engagée dans cette voie. Nous pensons qu’un état des lieux sur les noms
des rues, ville par ville, serait bienvenu.
- de lancer un appel à projet départemental autour de l’organisation des journées du
Matrimoine, chaque année au mois de Septembre, en lien avec les journées du
Patrimoine, afin de valoriser et de mettre à l’honneur les femmes dans notre travail
mémoriel.
Mais je ne manquerai pas de refaire ces propositions lors de la matinée de travail qui
est organisée le 25 avril prochain à PULV sur les actions du Département en matière
d’égalité F-H.
Je vous remercie.
