REGARDEZ L’INTERVENTION DE DENIS DATCHARRY EN VIDEO ICI :
Monsieur le Président, chers collègues,
Tout d’abord, je voudrais commencer en saluant l’ensemble des agents des services départementaux, pour le travail qu’ils accomplissent toute l’année.
Ensuite, j’ai une remarque de méthode concernant la construction de ce document : beaucoup de chiffres importants nous sont présentés. Mais nous l’avons déjà dit, il serait utile pour notre réflexion collective, que soient inclus des tableaux comparatifs avec les chiffres des 3 ou 4 années précédentes – au moins sur quelques grands dispositifs, ou domaines d’action.
Cela non pas pour polémiquer, mais pour que nous puissions réfléchir et débattre ensemble sur les points à améliorer dans les services rendus à nos concitoyens. Ceci n’empêche pas de constater ce qui fonctionne bien. Il est dommage d’ailleurs que dans ce rapport, ce soit surtout cet aspect qui se trouve valorisé !
Sur le fond, les sujets abordés sont évidemment nombreux. Le rapport met en avant les politiques de solidarités, et ce sont elles en effet, qui sont au cœur de l’action du département, en tant que chef de file.
Il est impossible ici d’aborder l’ensemble des actions du Département, qui sont toutes importantes, je concentrerai donc mon propos uniquement sur ce thème.
Notre collègue Patrick Jarry le rappelait l’an dernier, lors des évènements survenus après la mort du jeune Nahel : les inégalités socio-économiques et territoriales s’accentuent en Ile-de-France, et notamment sur le territoire des Hauts-de-Seine.
Les écarts entre les villes et entre les quartiers se creusent, et ce n’est pas sans conséquences sur la cohésion sociale de nos territoires.
Les Services de Solidarités Territoriales du Département sont en première ligne face à cet enjeu, en lien avec les services des villes. Ils méritent donc une attention particulière.
Ils ont besoin de plus de personnels, bien formés, bien encadrés, et des encadrants eux-mêmes bien formés, pour mieux accueillir les usagers, et mieux répondre à leurs besoins.
Nous constatons bien dans le tableau des effectifs budgétaires – sur lequel ma collègue Hélène Cillières interviendra tout à l’heure – une petite progression des effectifs entre 2023 et 2024 : + 8 emplois au pôle solidarités, +7 emplois à la direction des solidarités territoriales, + 5 emplois à la direction autonomie, idem à la direction insertion sociale.
Cette progression reste timide, mais nous connaissons les difficultés à recruter, et les efforts faits aujourd’hui par notre collectivité pour être plus attractive.
Cette attractivité passe bien sûr par de bonnes conditions salariales, mais également par des conditions de travail améliorées, par un effort sur le bien-être au travail des agents, qui sont en relation quotidienne avec des publics en grandes difficultés.
Tous ces points sont essentiels pour la qualité du service rendu !
A ce propos, nous avons été interpellés par les organisations syndicales qui nous signalent divers points :
D’une part à la MDPH, qui dispose de 4 médecins à temps plein sur un effectif prévu à 8 personnes sur le service évaluation, ce qui implique des retards dans le traitement des dossiers des usagers.
D’autre part au service d’accueil familial du SST1 de Villeneuve-la-Garenne, qui connait là encore un problème de sous-effectif, avec pour conséquences une surcharge de travail importante et des souffrances pour les agents.
Dans la relation avec les usagers, il nous semble aussi qu’il est nécessaire de mieux faire connaitre l’utilité des SST aux publics concernés, avec une meilleure communication sur les compétences et l’accessibilité de ces services.
Le rapport évoque également la Caravane solidaire créée en 2022, dans la logique du « aller vers » les publics. Nous encourageons pleinement ce dispositif. Avec un regret toutefois, c’est qu’il ne soit ouvert qu’aux villes qui en expriment l’intérêt. Il faut, à notre sens, étendre et systématiser cette initiative sur tout le territoire départemental.
Il est nécessaire là encore que le Département, et pas seulement les villes, communique davantage sur ce dispositif. Nous avons par exemple été informés que sur le secteur du SST 8 de Boulogne, aucun usager ne s’était rendu à cette caravane, faute d’informations. C’est quand même regrettable !
Cette présence physique et cette accessibilité des services sont indispensables, d’autant plus que l’accueil dématérialisé et la localisation des SST restent encore une difficulté pour de nombreux usagers.
Je vous remercie.
