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Monsieur le Président, chers collègues,
Nous soutenons évidemment la volonté de notre Département de se saisir de l’Agenda 2030 pour répondre aux 17 objectifs en matière de développement durable, qui ont été fixés par l’ONU il y a près de 10 ans.
D’une façon générale, il faut d’ailleurs espérer que la mise en œuvre des Agendas 2030 par les collectivités s’avèrera moins décevante que celle des Agendas 2021, comme l’avait pointé la Cour des comptes…
Veillons donc à ce que ces Agendas ne se réduisent pas à de simples outils de communication.
Pour ce qui concerne notre Département, les 4 enjeux mis en avant par votre rapport nous semblent pertinents : bien-être des habitants, jeunesse, climat et biodiversité, attractivité du territoire : notre groupe rejoint ces préoccupations.
Vous évoquez la nécessité, je cite, de « prendre soin des habitants », et c’est, je crois, un objectif que nous avons tous dans cette assemblée.
Les besoins sont immenses dans notre Département, qui souffre de grandes inégalités sociales et territoriales.
Les urgences en matière de solidarités, de soutien aux plus démunis, de services publics, sont majeures. Il existe dans notre pays, et y compris dans notre département, un fort sentiment de déclassement social.
La colère est attisée par les difficultés d’accès au logement, à la santé, à l’éducation, à l’emploi, aux transports… autrement dit à tout ce qui est au cœur de nos politiques publiques.
Les émeutes survenues en juin dernier après la mort du jeune Nahel à Nanterre, en ont été une des illustrations.
Il est crucial de répondre à cette crise par le renforcement de ces politiques, avec un soutien accru aux maires et aux élus locaux.
C’est le rôle de l’État, et c’est aussi celui de notre Département.
Favoriser la cohésion sociale est bel et bien un objectif central du développement durable.
Il nous faut pour cela y mettre des moyens, qui soient durables également.
C’est le cas notamment de nos services sociaux territoriaux, qui nécessitent une attention particulière. Ils sont en première ligne dans nos politiques de solidarité.
Nous rappelions encore récemment l’urgence concernant le SST 6 de Nanterre, qui fonctionne en mode dégradé, avec des personnels en sous effectifs et en souffrance.
Il faut s’assurer que la qualité et l’accès à ces services publics soient les mêmes partout, comme le soulignent les personnels eux-mêmes.
Votre rapport évoque la qualité de vie au travail des agents départementaux : c’est particulièrement important dans les SST.
Les évènements de juin dernier ont également mis en lumière la situation des familles monoparentales, dont étaient issus de très nombreux jeunes impliqués dans les émeutes. Ces familles sont bien souvent tenues « à bout de bras » par des mères seules, isolées et en situation de précarité : il y a là une vraie action à mener tant en termes de solidarités que d’égalité femmes-hommes, que votre Agenda met justement en avant…
Je voudrais d’autre part aborder la question du logement : ce rapport mentionne justement la nécessité de logements « abordables et adaptés pour tous ». Nous y souscrivons aussi. Mais là encore, il faut un véritable sursaut dans les politiques menées en ce domaine, que ce soit au niveau de l’Etat, de la Région, d’un certain nombre de villes, et aussi de notre Département.
Nous y reviendrons tout à l’heure avec notre vœu, mais nous sommes, dans la crise du logement actuelle, face à une situation explosive !
L’actuelle remise en cause par le Gouvernement des principes fondamentaux de la loi SRU, le refus continu de certaines villes d’obéir à ces principes, les limites imposées aux maires bâtisseurs de logements sociaux dans les villes où leur taux est supérieur à 30%… tout ceci nous mène collectivement dans le mur, et se trouve en totale contradiction avec l’objectif de cohésion sociale affiché !
Ceci d’autant plus lorsque le rapport évoque « l’attractivité du territoire » : nous le savons tous, cette attractivité n’est possible que si nous pouvons loger tous les salariés et fonctionnaires essentiels qui font vivre notre économie, nos administrations et nos services publics, y compris les administrations territoriales.
L’écrasante majorité de ces salariés sont éligibles au logement social : mettons donc tout en œuvre pour les loger là où ils travaillent !
J’en viens ensuite aux enjeux concernant la jeunesse et l’éducation : ce rapport souligne à juste titre que nos collégiens sont les « citoyens de demain ».
Il nous faut donc là aussi travailler sans relâche à résorber les inégalités sociales qui s’insinuent dans notre système éducatif national.
Le Département peut et doit y contribuer, en prenant davantage en compte cet outil important qu’est l’indice de position sociale. Ceci pour mieux évaluer et renforcer son soutien aux activités pédagogiques dans les établissements aux populations socialement moins favorisées.
Je terminerai mon propos sur les enjeux climatiques et environnementaux : ils sont une dimension tout aussi essentielle de notre action pour le développement durable, et sont directement reliés à la lutte contre les inégalités sociales et territoriales.
Je pense au travail à mener sur la rénovation thermique des logements, essentielle pour lutter contre la précarité énergétique.
Je pense également à la résorption des îlots de chaleur, notamment dans les quartiers populaires qui souffrent chaque été des canicules à répétition.
Je pense aussi aux collèges, dont un certain nombre nécessitent d’importantes rénovations thermiques.
Et enfin aux cantines de ces mêmes collèges, où nous avons toujours une marge significative de progrès à réaliser.
A ce propos, la récente mobilisation des agriculteurs a mis en lumière la façon dont la loi Egalim est souvent mal respectée, voire contournée par certaines entreprises de restauration collective.
On sait aujourd’hui que les faibles contrôles sur le respect de cette loi rendent peu crédible la communication de ces entreprises sur leurs prestations. Cela doit nous inciter, plus que jamais, à reprendre le contrôle sur ce service de restauration scolaire, pour le bénéfice des collégiens, mais aussi des fournisseurs et des agriculteurs locaux en travaillant plus étroitement avec eux.
L’ensemble de ces considérations nous semblent essentielles pour la bonne mise en œuvre de cet Agenda 2030, sur lequel notre groupe formulera un vote favorable.
Je vous remercie.
