REGARDEZ L’INTERVENTION DE PATRICK JARRY EN VIDEO ICI :
Monsieur le Président, mesdames, messieurs, chers collègues,
Ce protocole d’échanges fonciers appelle plusieurs remarques de la part du groupe Gauche citoyenne, communiste et républicaine.
Assurément, nous considérons que nous ne pouvons nous satisfaire de cette opération qui représentera 12 590m2 de surface construite si l’on extrait les commerces. Sur ces 12 590m2, seuls 5 830m2 seront dévolus au logement social comprenant du locatif et de l’accession sociale ce qui représente environ 27% du programme soit, 3 points de moins que ce qu’exige la loi SRU.
D’ailleurs et plus généralement, si l’on se réfère au taux de logements sociaux de la commune de Puteaux on constate que ce dernier est actuellement de 28,3% alors qu’il était de 30,7% il y a 20 ans ; la diminution de ces 2,4 points étant due une plus forte progression de logements en accession et locatif privés que de logements sociaux. Pourtant, d’après les chiffres fournis par le DRIHL en 2022, 32 694 foyers étaient en attente d’un logement social à Puteaux. Il est par conséquent indéniable que la demande existe.
C’est bien la raison pour laquelle le groupe GGCR s’abstiendra de voter ce rapport considérant que le Conseil départemental ne subventionne par les villes qui participent à l’effort en ayant plus de 30% de logements sociaux sur leur territoire ce qui revient à exiger d’elles qu’elles ne construisent plus de logements sociaux.
Pourtant, le contexte actuel de la crise du logement en Ile-de-France ne devrait qu’encourager chacune des villes, et notamment celles qui sont carencées comme l’est Puteaux, bien que ce ne soit pas la pire du Département, à construire davantage pour répondre à la demande des 800 000 ménages franciliens qui sont en attente d’un logement social. Mais non, ce n’est pas la logique du Département ni des villes qui cultivent l’entre soi et qui, de ce fait, interdisent aux populations modestes et intermédiaires d’y vivre. Je pense ici notamment aux infirmiers, aux enseignants, aux agents des collectivités tout comme aux caissiers ou aux personnels d’entretien et il ne s’agit ici que d’exemples. Notons d’ailleurs que le PLU de Puteaux ne comprend aucune obligation de construire des logements sociaux ce qui traduit bien sa philosophie en la matière, ici encouragée.
Car assurément, toutes les villes qui sont en-deçà des 30% de logements sociaux et qui n’en intègrent pas au moins 30% dans ses opérations ne fait que creuser le déficit et aggrave la crise du logement.
Donc en réalité, par cette philosophie et les mécanismes qui en découlent, la plupart des collectivités créent les conditions de la crise voire l’encourage, pour faire en sorte que les Hauts-de-Seine continuent d’être le département de l’entre-soi.
Je vous le dis et vous le répète inlassablement : tout ça n’est pas sérieux.
Je vous remercie.
