Tout faire pour que cessent les inégalités territoriales
Au début de l’été dernier, nos villes ont fait face à des événements d’une ampleur considérable qui ont pour origine la mort du jeune Nahel lors d’un contrôle routier. Les faits se sont déroulés quasiment en direct sous nos yeux, puisqu’une vidéo amateur accablante a rapidement circulé, venant contredire la version des faits donnée par les sources policières. Nanterre fut alors l’épicentre d’un mouvement de révolte violente qui s’est propagé à presque toutes les villes du Département ainsi qu’à d’autres communes de l’hexagone.
Aujourd’hui, le temps de l’analyse est venu. Force est de constater que si rien ne justifie ces violences, elles se produisent sur un fond d’accumulation des inégalités subies par les habitants de certains quartiers ou villes qui ont le sentiment de ne pas disposer des mêmes droits que les autres. Et ce, malgré les investissements importants réalisés, visant à les désenclaver, à améliorer la qualité de vie des habitants et à y apporter davantage de mixité.
En 2017, l’appel « de Grigny » réunissait un millier d’élus de tous bords politiques confondus et des responsables associatifs pour tirer la sonnette d’alarme et formuler des propositions concrètes afin d’améliorer la vie des habitants des quartiers populaires. Nous appelions à un effort permanent du gouvernement pour cesser de voir s’aggraver les inégalités territoriales. Cet enjeu reposait sur un aspect essentiel : le besoin de transformer une géographie urbaine clivée entre des villes et des quartiers très populaires et des communes plus privilégiées voire, pour certaines, de l’entre soi.
Pourtant, aujourd’hui, rien n’a changé. Pire, comme en atteste un rapport de l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme d’Ile-de-France datant de mai 2019, la mixité sociale a même reculé au cours de la dernière décennie.
Il est donc temps de considérer l’avenir pour lequel tout compte et rien ne doit être négligé, de se saisir de ces problèmes à bras le corps pour faire en sorte de ne plus laisser quiconque au bord du chemin. Et il s’agit là d’un enjeu qui dépasse les quartiers populaires car quand la souffrance s’exprime au sein de certains quartiers ou certaines villes, c’est l’ensemble du territoire qui est meurtri.
Patrick Jarry
